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En exclusivité, l'interview d'Inène Pascale, récemment qualifiée pour les JO de Pekin Age : 22 ans Occupation : Etudiante, licenciée en langues étrangères appliquées Club : Aviron Strasbourg 1881 Spécialité : Couple, tribord
CoupDePelle : Quand et pourquoi as tu commencé à ramer ? Inène Pascale : J'ai vraiment commencé en minime 1, c'est à dire en 98. Je suis dans une famille de rameur, donc je baigne dans l'aviron depuis toujours. Qu'est ce qui te plait dans ce sport ? Les sensations, l'ambiance, les compétitons
CdP : A quel moment as tu su que tu voulais faire du haut niveau ? IP : Je pense que c'est venu progressivement, en junior, l'idée germe petit à petit dans la tête... CdP : Quels sacrifices cela implique ? IP : Beaucoup de temps. C'est pas évident d'être souvent absente (famille et études) CdP : As tu déjà eu envie de tout arrêter ? Si oui, à quel moment ? IP : Même s'il y a des moments de ras-le-bol et de doute, je n'ai pas encore pensé à tout arrêter.
CdP : Peux tu nous parler, sans langue de bois, du secteur de l'aviron féminin en France ? IP : Le secteur est malheureusement un peu vide. Je ne pense pas que ce soit forcément une question de politique. Des bateaux collectifs, on en fait quand on est junior: du 4x, du 8+, 4-, 2x... ça créait un groupe qui pourrait travailler à long terme pour sénior. Je pense juste que l'envie doit venir des filles. Si elles prouvent qu'elles ont le niveau, la fédé et les entraineurs suivront. Il faut faire ses preuves.
CdP : Comment expliques-tu que si peu de filles en France se hissent au plus haut niveau ? IP : Je ne sais pas trop. Peut-être que l'aviron est encore un sport à connotation trop masculine. Si un 8+ féminin français était médaillé aux mondiaux ou aux JO, cela médiatiserait l'aviron féminin. C'est un peu un cercle vicieux.
CdP : N'est ce pas difficile pour une fille d'assumer les conséquences d'un entraînement de haut niveau ? (musculature développée...) IP : C'est sur que si on veut faire du haut niveau, il faut faire de la muscu. Ca fait parti de l'entrainement. Mais on n'est pas forcément toute comme Hulk Hogan! Quand on regarde les néerlandaises en 8+, les filles sont grandes, athlétiques et font parties des meilleures dans leur catégorie. Idem pour les Australiennes par exemple (cf les filles du 2- !). Il faut avoir un minimum de physique, mais la technique, l'homogénéité, le mental, et la bonne entente entre les filles comptent énormément.
CdP : Passer la moitié de sa vie en stage, entourée presque exclusivement de garçons, n'est ce pas trop compliqué ? IP : Ca se passe très bien.C'est sûr qu'il faut avoir un humour léger et ne pas s'attendre à beaucoup de poésie ! CdP : L'ambiance filles/garçons est elle bonne au sein du collectif ? IP : Oui on s'entend très bien. Heureusement d'ailleurs. CdP : Raconte nous ta course de qualification à Poznan. IP : Nous ne sommes pas parties devant. Les Russes ont tenté le tout pour le tout en partant fort. On savait qu'un bateau allait essayer ça. Il n'y a pas eu d'affolement. Sereinement, en voulant décaler les Anglaises et les Danoises nous sommes revenues petit à petit sur les Russes pour finalement les passer. On savait que le 3ème 500m allait être important et on a lançé quelques séries. On lance l'enlevage, mais on se fait tout de même un peu remonter. Peu importe, on arrive 1ère ! CdP : Qu'est-ce qui fonctionne dans votre bateau et qui peut faire que vous alliez chercher un bon résultat à Pékin ? IP : Je pense qu'on a encore une bonne marge de progression. Malheureusement il n'y a plus des masses de temps. Il va falloir optimiser les quelques jours qui nous restent au mieux. On a toutes les deux envie de vraiment progresser. Nous sommes très concentrées pendant les sorties et on cherche des solutions à nos problèmes. La bonne entente aide aussi à bien communiquer, que ce soit dans le bateau ou en dehors. CdP : Qui seront vos principales adversaires ? IP : Toutes les filles alignées en 2- aux JO!
CdP : Quel est le programme jusqu'au JO ? IP : Les championnats de France le WE prochain! Après on commence les stage term' le 9 juillet à Aiguebelette. Le parcours handicap à la fin de ce stage est aussi un passage important. Le 1er août sera le départ pour Pékin
CdP : As tu une opinion sur le boycott des Jeux ? IP : Malheureusement les sportifs sont désormais engagés à leur insu dans ces questions politiques. Personnellement le choix de la ville accueillant les JO m'importe peu, tout ce que j'ai toujours voulu c'est ramer aux Jeux. Je pense qu'il y a un amalgamme de choses, boycotter serait oter l'objectif et la motivation de tout sportif.
CdP : Et après les JO que vas tu faire ? IP : Je vais continuer mes études et on verra par la suite. Je ne peux pas prévoir mes envies après cette année.
CdP : Dans la vie de tous les jours, Inène Pascal elle est comment ? IP : Venez à Strasbourg et vous verrez ! CdP : Cite nous 3 de tes qualités et 3 de tes défauts. IP : Pas évident comme question... je pense que les gens qui me côtoient sont peut-être plus objectifs pour y répondre... CdP : As tu le temps d'avoir d'autre passion en dehors de l'aviron ? IP : L'aviron est ma principale passion. Pour le reste, je parlerais plutôt de centres d'intérêt. CdP : Plus tard qu'aimerais tu faire ? IP : Fonder une famille, faire pleins de voyages et profiter de la vie !
CdP : Merci Inène, et puis bonne chance à Stéphanie et toi pour les jeux ! |