Aviron CoupDePelle

Interview de Bastien RIPOLL Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Webmasters   
11-04-2006
NOM : RIPOLL
Prénom : Bastien

Club : Aviron Toulousain
Bastien Ripoll
Hubert de l'Aviron : Allo Bastien, t’es où ?

Bastien Ripoll : Je suis à Toulouse, chez mes parents, puisque comme tu sais je rame ce week-end pour les bateaux courts.

H : On te l’a demandé ?

B.R.: Oui Daniel Fauché m’a appelé en me demandant de le rappeler, je me doutais un peu de ce qu’il allait me demander, mais ça m’a fait plaisir !

H: Donc tu vas courir associé à Bastien Gallet. Tu avais déjà ramé avec lui avant ?

B.R : Oui bien sur dans le 8, sinon on a fait une fois une sortie ensemble.
L’objectif pour lui, en attendant le rétablissement de Donatien, c’est de bien figurer pour pouvoir être présent aux régates de coupe du monde et pouvoir faire les championnats du monde. Pour moi, s’il y a quelque chose d’intéressant à faire cette saison aux mondiaux, je serais partant, et ça peut être autre chose que le 8 ! C’est sur que j’aimerais bien faire les Mondiaux à Eton, maintenant je connais bien le bassin et les anglais ils me connaissent aussi. Mais ce n’est pas l’objectif prioritaire de ma saison, qui est déjà bien remplie.
Et ce week-end on vise au moins un podium.

H : Je reviens sur LA course avec Oxford ! Tu es un héros dans l’université ?

B.R :Je ne sais pas, je n’y suis pas retourné depuis la course. Mais c’est sur que c’est le sport N°1. C’est très important pour la notoriété de l’école. Cette course, c’est la vitrine de l’université, visible dans le monde entier. Alors quant tu la gagnes, c’est bien sur fort pour toi mais aussi pour l’université.

H : Et pour les autres étudiants et étudiantes ?

B.R : Avant c’était souvent un petit mot, ils me souhaitaient bonne chance quand ils me croisaient, et bien sur le jour de la course ils sont présents pour encourager leur université.

H : Et l’après course ? On a vu par exemple les équipes d’Oxford et Cambridge courir en France, à Cannes par exemple. Cette année, il y a un programme prévu ?

B.R : Non, en fait les tournées, ce sont les équipes réserves qui les font, les autres, on est tous de nationalités différentes donc le groupe se disperse. On va juste faire Henley, mais pas forcément en 8, ni en universitaire. Selon le niveau on ira sans doute en 4- ou 4 barré, mais en toutes catégories. Ça devrait être plutôt en 4 barré ou on a plus de chance de bien figurer, car en 4- tu risques de tomber face aux champions ou vice champions du monde…
Il pourrait aussi avoir un déplacement en Zambie mais s’il y a une course c’est aussi un déplacement touristique.


H : Et maintenant tu vas enfin travailler ?

B.R : On a souvent dit que depuis octobre je ne faisais que ramer, mais depuis le début je travaille en partageant mon temps entre l’entraînement et le travail. Mes journées elles commençaient avec l’entraînement dès 7 heures puis alternance rame/travail jusque tard le soir. Et aux vacances de Noël, j’ai travaillé, donc je ne suis pas vraiment en retard, mais j’aurais peut être du mal à avoir le diplôme avec les " félicitations" ! Mais aussi, maintenant j’ai moins de pression !


H : Et en fin d’année tu passes un examen ?

B.R : L’examen c’est 3 fois 3 heures et aussi un mémoire que je dois rendre en septembre.


H : Sur quel sujet ton mémoire ?

B.R : C’est lié à ma spécialisation donc je prépare un mémoire sur: L’analyse de l’évolution des traitements et l’élimination des boues d’épuration en Aveyron depuis 15 ans !


H : Je reviens sur La course ;, est ce que tu te rends compte du traitement dont tu as bénéficié dans les medias mondiaux et français ? Toutes les télés, les radios, toute la presse a parlé de toi pendant ce week-end ! Plus que pour n’importe quel autre rameur champion olympique ou champion du monde !

B.R : Evidemment j’ai vu toutes les dépêches AFP et j’en ai parlé avec la journaliste du Figaro. Là il se trouve qu’il n’y a que ça comme événement, uniquement cette course. Pendant les JO, on n’est pas seul, il y a les autres sports, les autres médaillés.
A propose de journaliste, le commentateur d’Eurosport, il a encore dit des conneries, du genre que j’étais le chef de nage du huit français et aussi à la fin il meublait pendant un plan fixe en disant qu’il avait eu une conversation avec Berrest qui lui aurait dit qu’il était difficile d’avoir un 8 français cette année ! C’est un truc que tu dis pas aux athlètes. Imagine le malaise en stage alors que tous les rameurs étaient réunis et regardaient la retransmission…..



H : Comment tu vois l’équipe de France cette année ?

B.R : C’est difficile car pour faire un bateau c’est tellement compliqué, il faut une alchimie avec de l’ambiance de l’envie, de l’entraînement, du respect….. l’an dernier on n’est pas passé loin de la finale mais il a manqué un peu de tout ça , en fait , on n’a pas arrêté de faire des changements et de changer de place dans le bateau…
Mais cette année on pourrait faire un 8 ou un très bon 4- médaillé par exemple! Regarde le 4PL, il y a deux ans il était à la rue et l’an dernier il gagne tout…..


H : Et toi personnellement ?

B.R : Moi je ne revendique rien du tout, et j’ai une certaine liberté. Je ne pourrai pas faire les stages de printemps, et je ne pourrai pas aller à Lucerne, car je ferai Henley, et puis je ne suis pas le remplaçant de Donatien, c’est le genre de mec dont tu ne peux pas te passer.
De plus je sais que je peux prendre la nage d’un 8, mais le chef de nage doit être là pendant les stages. Que ce soit Cadot ou Jacquiot, on ne va pas faire Coupet/Barthez !
Si on me demande je le ferai, mais je ne vais pas chercher à m’imposer comme d’autres ont pu le faire. Cadot, il a son rythme particulier, à lui ! C’est un guerrier, mais derrière il faut des gars qui le suivent et le soutiennent


H : Parlons un peu de l’actualité française, qui touche les jeunes actuellement; tu suis ce qui se passe ?

B.R : D’abord oui, je me sens solidaire de la jeunesse, mais je regrette qu’on n’essaye pas. Les français, leur truc c’est de gueuler et de manifester A mon avis, on devrait essayer, voir si ça marche avant d’annihiler tout En Angleterre, j’ai un point de vue à partir de ce qu’on raconte, et on a l’image d’un pays dans lequel l’état doit tout régler. Actuellement je côtoie des nord-américains pour qui ont un esprit différent, et une culture de liberté d’entreprise avec plus d’ouverture. J’ai l’impression qu’on mélange un peu tout : les problème de banlieue, le CPE, les étudiants en sport qui manifestent sur Toulouse, car il n’y a pas assez de postes….
Mais moi je me sens moins directement concerné, car du boulot, je vais sûrement en trouver et j’aurais même le choix, grâce à ma notoriété !

H : Il y a quelques temps on avait parlé ensemble de Pekin, tu me faisais part des questions que te posaient le fait de participer aux JO dans un tel pays, on en reparle ?

B.R : Je n’y ai pas bien re-réfléchi, mais je voulais dire que ça peut être un peu gênant de participer à la promotion d’une ville et d’un pays, (car les JO c’est aussi ça) quand tu sais comment ça se passe là bas et qu’il s’y passe des choses pas très belles, en contradiction avec l’esprit que devrait véhiculer les JO. Mais je n’ai pas assez de notoriété pour que ce que je pourrais dire sur le sujet soit fort, et il y a peut être moyen de s’exprimer différemment même en les faisant !
Mais en tout cas, aujourd’hui, je pense que si j’ai l’opportunité de faire les JO avec une équipe qui a les moyens de gagner, j’irai !


H : Evidemment je te le souhaite !
Merci Bastien! Au nom de tous les lecteur de Coupde pelle… H.
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