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Ah, la Vogalonga depuis que j’en entends parler dans mon club. Ils y vont tous les deux ans et cette année est la bonne, on y va. On est donc parti à 20 rameurs et 4 yolettes et on s’est retrouvé là-bas le samedi 3 juin 2006.
 Le samedi après-midi, on a remonté nos bateaux dans la zone du port, du côté de la gare et certains repartaient déjà de là pour aller les entreposer ailleurs dans Venise. C’est le cas de ces deux yolettes. J’ai mis la photo pour voir la cohabitation avec les bateaux à moteur, omniprésent dans Venise. La circulation est coupée dans Venise uniquement le dimanche, de 9h à 12h-13h. Le problème des vagues provoquées par ces bateaux n’est pas de risquer d’embarquer de l’eau, mais qu’elles nous poussent vers le bord. Et le bord, on le voit bien ici, ce sont des murs avec très souvent des piquets et quand on est en yolette dans les piquets, hum, bin faut en sortir.
 L’embarquement ! C’est toujours un moment délicat dans les randos. Là, c’est le gros bordel. Tout le monde veut y aller en même temps, on ne parle pas la même langue et le ponton était petit et assez instable. Bon, on a quand même fini par mettre nos quatre yolettes à l’eau sans trop de problèmes.
 Bon, on est parti. De là où on a embarqué, on a 4 kilomètres pour atteindre la place Saint-Marc. On doit d’abord passer dans un petit canal qui rejoint le Grand Canal, qu’on « descend » jusqu’à la place. On a de la chance dans le petit canal, il n’y a pas trop de bateaux à moteur et assez peu de yolettes. Ça roule, on sera à l’heure.
 La place Saint-Marc quelques minutes avant 9h00 et le coup de canon qui annonce le départ. Comme il y a beaucoup de place, on n’a pas l’impression d’être très nombreux mais il y a des bateaux partout, devant, derrière, sur les côtés. Il y a tout de même 1414 embarcations avec 5190 participants. On bat cette année le record en nombre de participants. Il y a des yolettes classiques, des gondoles, des bateaux à rame à la vénitienne, c’est-à-dire les rameurs sont debout face à la marche, des kayaks, beaucoup de kayaks et des bateaux dragons, c’est-à-dire des pirogues à 20 pagayeurs. Nous autres rameurs « al inglese » comme ils disent ici, on n’est pas les plus nombreux.
 En route vers Burano, j’avais l’impression à voir ce qu’il y avait devant qu’on était dans les derniers, mais lors d’une pause j’ai pris la photo de ce qu’il y avait derrière et… y’en a encore jusque loin (à gauche sur la photo).
 Vue plus serrée sur la procession, il y a un peu de tout, des kayaks, des yolettes, une barque, des bateaux vénitiens (les gars debout) et un mignon double hollandais avec deux barreurs ! Ce tronçon Venise-Burano qui doit faire une dizaine de kilomètres est assez frustrant car on avance vraiment pas. « Rien dans l’eau » est le crédo du barreur !
 Vue vers l’avant ce coup-ci, y’en a partout. Pour avancer rapidement là-dedans, il faut être le roi de l’anticipation mais ça ne suffit pas, les kayaks sont hyper maniables, ils ne vont pas droit, ils ne regardent jamais derrière et ne nous entendent pas arriver. « Sciez » est donc le deuxième ordre le plus employé par le barreur à Venise.
 Burano. La ville de la dentelle. Non, l’écran n’est pas déréglé, le clocher penche méchamment. Tant, qu’on croit qu’il va tomber. Ce village est très coloré, chaque maison est peinte d’une couleur différente de sa voisine. Pas mal de bateaux vont faire une pause ici et ça va commencer à devenir ramable, ce qui va faire du bien. La lagune est impeccable, pas de vagues, le soleil est présent mais la température est douce. Elle est pas belle la vie ? On va ensuite sur Murano, la ville du verre. Et je n’en ai pas de photos car je ramais. Il y avait beaucoup de monde pour nous voir passer, c’était sympa. Et ensuite c’est le retour sur Venise.
 On revient par le nord de la ville et pour l’instant ça va. L’arrivée est près de la place Saint-Marc qui se trouve au sud, nous devons donc rejoindre le Grand Canal et le suivre en traversant tout Venise.
 L’entrée du Canareggio. Ça se corse, on dirait que ça coince. Et oui ça serait trop simple, on doit emprunter un petit canal pour rejoindre le Grand Canal.
 En effet ça coince. Sous le pont des Trois Arches, il ne peut passer qu’un bateau à la fois et au lieu d’attendre sagement son tour, tout le monde veut passer en même temps. Nos bateaux à avirons « fixes » ont en plus un grave inconvénient, une fois qu’on est tous bord à bord, les pelles sous les coques de chacun, on ne peut plus avancer. Les bateaux à la vénitienne, les bateaux dragons nous passent allègrement dessus tout en nous insultant, c’est formidable ! Y’en a qui adore ce genre de bagarre, moi j’ai pas trop apprécié. Le matériel souffre aussi ! Cette année on a perdu qu’une boule sur les quatre yolettes, pas mal. Une fois passé, c’est que du bonheur : plus personne, et oui ! les précédents sont loin devant et les autres sont encore en train de se battre… Nous voilà donc arrivé dans le Grand Canal en route vers l’arrivée qui est un peu avant la place Saint-Marc.
 Au détour d’un grand virage à droite : « Ouaouh le Rialto ! ‘tain le monde dessus ! » Les bateaux locaux et les bateaux avec rameurs en costume sont très acclamés.
 Le même vu par derrière. Venise est une très très belle ville et ramer dans le grand canal est assez fabuleux.
 On double des embarcations typiques et c’est très sympathique. Dans le même style, j’ai raté une photo avec une barque à 4 avec les parents et leur deux filles dans l’ordre de grandeur, la plus petite devant et le papa derrière, tous en costume traditionnel, c’était superbe.
 Et c’est la fin de la randonnée et c’est reparti pour une séance de frotte-frotte pour récupérer les diplômes et les médailles.
 Et c’est le retour, on doit remonter un bout du Grand Canal, le détail amusant est que les participants continuent d’arriver. Heureusement c’est large. J’ai cherché un moment le sens de navigation, sur le côté droit ou sur le côté gauche. En fait c’est où on veut, le plus petit dégage !
En conclusion, la Vogalonga est une belle rando culte ! Venise est magnifique, la lagune sous le soleil et sans vague c’est le bonheur. Bon le Canareggio, pour moi, est un mauvais souvenir mais je ne veux pas que ça entache tous les autres bons moments qu’on a passé. Avec tout ça, je n’ai même pas parlé de mon club, allez un peu de pub : merci au CSAV, le Club des Sports d’Annecy-le-Vieux de m’avoir permis de vivre ça. Didier « Zedh » Halatre. NB: Toutes mes photos sont sous la licence Art Libre. |